Quelle ironie… La présence, la disparition, les dates de péremption... Rien ne s’est amélioré, c’est même plutôt l’inverse. Je ne saurais pas dire si j’en suis heureuse ou non, probablement pas heureuse, ni même soulagée. Est-ce encore la marque de cette effroyable passivité qui semble me caractériser ? Je fais avec. Juste ça. Pourtant, l’explication de la passivité ne me satisfait pas : elle n’est guère flatteuse il faut dire, ni vraiment compatible avec l’idée que je peux avoir de ma personnalité, fondée ou fantasmée. Et c’est parce que cette passivité ne me satisfait pas que j’ai remodelé mes mécanismes de réflexion de façon à ce qu’ils s’orientent vers la démystification de la passivité dont je suis l’actrice et la victime en ce qui concerne son espérance de vie, ses détours et ses raccourcis. C’est ainsi que je suis arrivée à la conclusion que ma vie, dans sa vacuité apparente était en réalité très remplie. Mieux, que je la remplissais de la denrée la plus inépuisable qu...

Elle étreignait l'arbre, le corps secoué de sanglots, comme si ce n'était pas un arbre, mais son père qu'elle avait perdu, son grand-père qu'elle n'avait pas connu, son bisaïeul, son trisaïeul, un homme infiniment vieux venu des plus lointaines profondeurs du temps pour lui tendre son visage dans l'écorce rugueuse de l'arbre. Milan Kundera "L'insoutenable légèreté de l'être"
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